Hommage

Gordon Munday

Gordon Munday
Gordon Munday — 1922-2008

Gordon Lennox Munday est né en 1922 à Birmingham. Pendant la seconde guerre mondiale, il sert dans la « Home Guard ».  Il travaillera ensuite chez Philips avant d’intégrer l’Université de Birmingham et y obtenir une licence en physique et en chimie.

C’est en 1955, qu’à l’instigation d’un ami physicien, il rejoint à Genève, l’équipe qui, sous la direction de John Adams, construit le PS :  le Synchrotron à Protons du CERN.  Il a la responsabilité de la construction du système à vide du futur accélérateur.

Peu après le démarrage de cette nouvelle machine, le chef de division, Pierre Germain, lui confie la tâche de créer un groupe chargé d’aider les physiciens utilisateurs à préparer et réaliser leurs expériences.  C’est son équipe qui gère les zones expérimentales, calcule, puis met en place et fait fonctionner les faisceaux dans lesquels les physiciens ont installé leur équipement.

Une troisième phase de sa carrière débutera en 1973, lorsqu’il prendra la succession de Peter Stanley à la tête de la division Machine PS (MPS).  Sous sa direction, le PS initialement conçu pour produire et accélérer des protons et des particules secondaires vers des zones expérimentales dédiées va se transformer progressivement en une machine à fonctions multiples, capable de fournir des faisceaux adaptés à d’autres machines et surtout capable de satisfaire de nouveaux besoins que personne n’imaginait au moment de sa construction.  Il y aura ainsi la nouvelle grande machine du CERN, le Super Synchrotron à Protons SPS.  C’est sous sa responsabilité que se construira l’accumulateur d’antiprotons (AA) qui permettra ultérieurement de réaliser le programme ppbar et conduira à la découverte des bosons W et Z et à l’octroi du prix Nobel à des physiciens du CERN.

Ce sera encore sous son mandat à la tête du PS, qu’il sera imaginé d’utiliser celui-ci pour produire et pré-accélérer les électrons et les positons destinés à la grande machine suivante :  le LEP.

Enfin et c’est probablement une partie moins connue de son action, il va faire analyser minutieusement tous les aspects du fonctionnement du PS et lancer un programme de développement et de consolidation.  Cette solidité technique et opérationnelle bâtie par Gordon assurera le fonctionnement régulier du collisionneur protons-antiprotons SppbarS et du LEP jusqu’aux années 1990, bien après son départ à la retraite.  Son héritage se prolongera encore au-delà, dans les années 2000, avec l’alimentation en protons et en ions du LHC par le PS.

Le rôle de Gordon au PS ne s’est pas limité à des aspects techniques et administratifs.  Il a manifesté tout au long de sa carrière des qualités humaines et d’écoute envers ses collaborateurs qui lui ont assuré respect et attachement.  Il a contribué à développer et à maintenir l’esprit de corps des membres de sa division, ce qui n’a pas peu influencé ses performances et ses succès.

Parti en retraite en 1987, il reste proche du CERN et de son personnel et accepte la présidence du GAC, le Groupement des anciens du CERN.  Il sera leur porte-parole auprès des dirigeants de l’Organisation et il réussira à maintenir la prise en compte de leurs préoccupations dans des circonstances qui se révéleront de moins en moins faciles.

Ses anciens collègues et amis du PS.
Le Comité du GAC-EPA se joint à cet hommage.